Vos données GPS agricoles valent plus que vous ne le pensez, mais pas forcément pour vous.
Quand vous branchez votre système d’autoguidage le matin, vous pensez à vos rangs, à votre carburant, à la météo. Pas à la nationalité juridique du serveur qui traite votre signal de correction. Pourtant, c’est là que commence une question qui concerne chaque exploitant français équipé d’un récepteur GNSS, et dont très peu ont conscience.

Ce que vous produisez sans le savoir

Un tracteur équipé d’un système de guidage RTK génère en permanence des données de positionnement centimétrique. Chaque passage est horodaté, géolocalisé, tracé. L’heure à laquelle vous commencez, la vitesse à laquelle vous progressez, les zones que vous évitez, le moment où vous vous arrêtez, tout cela est enregistré, quelque part, par quelqu’un.

Ces données ne ressemblent pas à des données personnelles au sens courant. Il n’y a pas votre nom, pas votre numéro de sécurité sociale. C’est précisément pourquoi elles circulent librement, sans que personne ne les régule sérieusement, et sans que leurs détenteurs aient à vous demander quoi que ce soit.

Ce qu’on peut en faire et ce qui existe déjà

En 2013, Monsanto a racheté une entreprise californienne appelée The Climate Corporation pour 930 millions de dollars. Cette société ne possédait ni terre, ni tracteur, ni semence. Elle possédait des données agronomiques et de géolocalisation collectées auprès d’exploitants américains, et les algorithmes pour les exploiter. L’opération a fait l’objet d’une large couverture de presse internationale, notamment dans Courrier International et sur le site Equal Times, qui documentaient déjà à l’époque les enjeux de concentration des données agricoles entre les mains d’un petit nombre d’acteurs industriels.

Ce que Monsanto faisait en 2013 avec des équipes d’ingénieurs et des mois de calcul, un algorithme d’intelligence artificielle le fait aujourd’hui en quelques secondes.

Et les données de croisement sont disponibles gratuitement. Le Parcellaire Agricole de l’IGN, accessible librement sur Géoservices, donne pour chaque parcelle française sa superficie, sa localisation exacte et son type de culture déclaré. Croisez ces données publiques avec des tracés GPS réels, les déclarations PAC, les indices de rendement satellitaires et les historiques d’achat d’intrants, et vous obtenez une capacité d’analyse qu’aucun service de renseignement économique n’aurait pu s’offrir il y a dix ans.

Le Parcellaire Agricole de l’IGN, accessible librement sur Géoservices détaille toutes les parcelles de France en open-data.

Concrètement, ce croisement permet à qui dispose des données de savoir :

La santé financière réelle de votre exploitation, avant même que vous ayez parlé à votre banquier. Le rythme de travail, les surfaces effectivement exploitées, les irrégularités de passage sont des signaux faibles qui permettent d’évaluer la solidité économique d’une exploitation avec une précision qu’aucun bilan comptable ne fournit en temps réel. Ces informations intéressent directement les fonds d’investissement foncier étrangers actifs sur le marché agricole français.

Vos pratiques culturales précises : rotations, fréquence des traitements, calendriers d’intervention. Un fournisseur d’intrants ou un acheteur de récolte qui connaît ces pratiques avant la négociation n’est plus dans une relation équilibrée avec vous.

Le volume de votre récolte à venir, plusieurs semaines avant la moisson. Parcelle par parcelle, les données de passage permettent d’estimer les productions en cours. Sur le marché mondial du blé, où un centime de variation représente des dizaines de millions d’euros, cette avance sur l’information a une valeur financière considérable pour qui sait l’exploiter.

Le problème juridique

La plupart des grands réseaux de correction RTK disponibles en France reposent sur des infrastructures hébergées par des opérateurs américains : Amazon Web Services, Google Cloud, Microsoft Azure. Or le CLOUD Act américain de 2018 autorise les autorités des États-Unis à accéder aux données détenues par tout opérateur de droit américain, y compris sur des serveurs physiquement situés en France.

Ce n’est pas la localisation géographique du datacenter qui compte. C’est la nationalité juridique de l’opérateur. Un serveur situé à Strasbourg mais opéré par une filiale d’une entreprise américaine est soumis à cette extraterritorialité. Vos tracés GPS, vos horodatages d’intervention, vos données de position peuvent légalement faire l’objet d’une injonction américaine, sans notification préalable, sans recours.

Vous ne le saviez probablement pas. Vous n’avez pas non plus signé de clause vous y autorisant explicitement, parce que personne ne vous l’a demandé.

« On n’a pas le choix » … vraiment ?

Beaucoup d’exploitants le savent, d’une façon ou d’une autre. Ils ont entendu parler de ces enjeux, ils ont vaguement conscience que leurs données partent quelque part. Mais l’offre disponible ne leur laissait pas d’alternative : soit les réseaux propriétaires des constructeurs, soit rien.

C’est exactement le problème que France-RTK a été conçu pour résoudre. L’intégralité de notre infrastructure, serveurs, caster, base de données, est hébergée en France, par des opérateurs français : Gandi et OVH, sans aucun transit hors du territoire européen. Vos données de positionnement ne sont pas croisées, pas revendues, pas valorisées. Elles servent à vous guider. Rien d’autre.

Ce n’est pas un argument marketing, c’est un choix d’architecture.

France-RTK est un réseau de correction GNSS-RTK indépendant, souverain, conçu et opéré en France. Si votre zone n’est pas encore couverte, contactez-nous.